Formule 1. Quatre fois titré en ChampCar, le Sarthois ne croyait plus un jour accéder à la F1. Son rêve est devenu réalité chez Toro Rosso.
JEREZ DE LA FRONTERA (de notre envoyé spécial). Après Barcelone, en novembre, aux lendemains de sa dernière course de ChampCar à Mexico, Sébastien Bourdais a posé ses valises en Andalousie. La se-
maine dernière, pour y disputer sa deuxième séance d'essais privés au volant de la Toro Rosso à moteur Fer-
rari. Un dur apprentissage débute pour le Manceau dans un univers où, depuis Olivier Panis, la France n'avait
plus de représentant.
Formule 1. «J'avais espéré que mon arrivée en F1 s'effectuerait après le premier, voir le deuxième titre de ChampCar. Cela n'a pas été le cas et, fin 2005, je me suis vraiment mis à douter de mon retour en Europe. Fin 2006, je n'y croyais plus du tout puis, une semaine après, cela s'est concrétisé. Quelque part, j'avais tiré un trait, mais ce n'était pas à moi de le faire. C'est lié aux opportunités.»
Adaptation. «Comparé au ChampCar, je suis plus désorienté. J'ai conduit plusieurs voitures avec direction assistée mais là, c'est ce qui me dérange le plus. On a prévu de faire un changement, voire même supprimer cette direction assistée, pour voir si je ne peux pas avoir un peu plus de “feed-back” (retour) dans le volant. Pour l'instant, c'est comme si je conduisais avec des oreillettes et la moitié de mes sens. Je n'ai vraiment aucun feeling dans la direction, l'accélérateur est un peu soft, j'y touche à des moments où je ne le voudrais pas forcément. Ce sont de petits détails, mais c'est ce qui fait aussi que tu te sens en confiance dans une auto. Je me bats contre les mêmes problèmes, c'est-à-dire contre moi-même. Avant de pouvoir entrer dans le vif du sujet et à sentir l'auto, je me bats pour contrôler des petits mouvements parasites que je n'arrive pas à bien saisir. Ce n'est pas forcément confortable. Dès janvier, j'espère que j'aurai à disposition une direction modifiée. Toro Rosso à compris qu'il fallait faire quelque chose, c'est juste une question de temps pour fabriquer la pièce.»
« Il y a peu de droits à l'erreur»
Essais.» C'est la continuité du travail entrepris à Barcelone en novembre. Il n'y a pas vraiment de re-
cherche personnelle de performance. Nous passons en revue différentes choses. Nous essayons de
comprendre au mieux la voiture 2007 avec laquelle on repartira en 2008. C'est important de maximiser le fait qu'on est censé repartir avec une voiture que l'on connaît bien. Une monoplace qui s'est montrée performante en fin de saison dernière. Le but est de capitaliser. Tu ne joues pas sur la nouveauté, mais sur la connaissance d'une auto qui s'affirme, s'affine, se développe au fur et à mesure.
A Barcelone, nous avons ainsi travaillé sur un petit détail. Ce n'est peut-être pas grand-chose, cela va
jouer sur un dixième. Un dixième qui peut nous ouvrir les portes de la Q3 (les 10 voitures les plus rapides lors
des qualifications, ndlr). Il faudra voir quelles seront les évolutions de nos adversaires. En principe, les autres
voitures ne sont pas trop fiables, car elles sortent assez tard donc il y a peut-être un coup à jouer. Nous avons encore cinq séances d'essais, cela laisse le temps de voir venir.
Objectifs. «Dans un premier temps, j'ai tellement de choses à découvrir. Le format des week-end de
F1 est très particulier, tout comme le format des qualifications. L'utilisation des pneus s'avère scabreuse,
car ils ont déjà au minimum un tour et il y a souvent pas mal de trafic, Il y à peu de droits à l'erreur. Il faut que
je troùve mes marques en course, comme je dois le faire avec mon équipe. Je ne sais pas trop à quoi
m'attendre. Si l'auto vaut Q2 (les 15 meilleurs), Q3 régulièrement, je serai relativement content.»
Pression. «L'attente est là. Il y a des grosses demandes médiatiques. J'ai rarement vu des médias sur des séances d'essais. A Jerez, il y en avait autant que sur des courses de ChampCar. C'est clair, c'est un autre niveau, tu sens que tu portes le drapeau. Le flambeau sera assez lourd à porter.»
Stéphane BOIS.







