Le pilote français de Formule 1 Sébastien Bourdais, confirmé vendredi au sein de la Scuderia Toro Rosso, a évoqué son "pire hiver" lundi à Paris lors de la présentation de la nouvelle Peugeot 908 HDi FAP, qu'il pilotera lors de la prochaine édition des 24 Heures du Mans (13-14 juin).
Q: Sébastien Bourdais, vous semblez soulagé. Comment s'est passé votre hiver?
Sébastien Bpurdais: L'intersaison a été des plus détestables. Ca a été mon pire hiver. Je ne savais pas ce que j'allais faire, à part de l'endurance avec Peugeot. Jusqu'à la mi-janvier, je n'étais pas sûr de rouler en F1. J'explorais des pistes aux Etats-Unis. Mais Toro Rosso est revenu assez tôt pour m'éviter de faire un choix critique. Je suis très content. Tous les maux de tête que j'ai eus cet hiver avec Nicolas (Todt, son manageur, NDLR) se terminent bien.
Q: Qu'est-ce qui vous empêchait de poursuivre avec Toro Rosso?
SB: Il y avait un problème financier. A la fin de la saison 2008, Nicolas et moi étions quasiment hors-jeu. On pensait qu'il fallait amener 3 à 5 millions d'euros pour assurer le volant. Mais on n'avait rien comme sponsor. A un moment, pour moi, c'était terminé. Tout le monde disait que Sato avait beaucoup d'argent. Mais au bout du compte, il n'en avait plus autant que ça.
Q: Comment le problème a-t-il été résolu?
SB: Des mesures d'économie de budget ont permis à Red Bull d'économiser une centaine de millions d'euros entre ses deux écuries (Red Bull et Toro Rosso). Au fur et à mesure, on s'est retrouvé dans le coup. Comme le souhait de l'équipe était de garder au moins un pilote connu de l'écurie, ça m'a permis de me replacer sérieusement en tête de liste.
Q: Comment imaginez-vous l'année à venir en F1?
SB: Il faut engranger le plus de points possibles. Si on est sur le podium, c'est génial. Maintenant, il faut mettre les choses en perspective: avec un budget en baisse de 40 %, il faudra compenser. J'espère que la voiture sera assez compétitive pour que nous atteignions le même niveau de performance qu'en 2008. Mais la nouvelle monoplace ne sera livrée que le 1er mars. Et nous ne ferons d'essais qu'en Italie et à Barcelone, avant de nous envoler pour l'Autralie. Ensuite, ça ira bien Inch'Allah.
Q: Votre engagement en endurance avec Peugeot ne sera-t-il pas perturbant pour votre travail en F1?
SB: Pas du tout. J'aurai deux casquettes, l'une de F1 avec Toro Rosso et l'autre d'endurance avec Peugeot. Le Mans, c'est quelque chose qui me tient énormément à coeur. Dès que j'ai vu que le calendrier F1 était compatible avec Le Mans, je me suis engagé avec Peugeot. C'est une course mythique, une des plus belles courses, si ce n'est la plus belle, et en plus c'est chez moi. Je me suis fixé le défi de la remporter un jour.